22/07/2008 à 18h15 - From William S. Burroughs

22/07/2008 à 18h15 - From William S. Burroughs
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# Posté le mardi 22 juillet 2008 12:16

Hugo 15/07/08

Hugo 15/07/08
Encore une fois prit au dépourvu, bouffé de l'intérieur, tremblant de chaque fibre de mon corps de paille, bouillonnant d'une rage mélancolique. Le poids d'un fantôme sur mes épaules, qui ricane dans le creux de mes oreilles " Regardes-la, elle se moque. Tu es ridicule. Pauvre taré. T'en connais beaucoup des gens qui se font souffler des vannes par des petits démons chevelus ? "
Et j'y crois. Je me force à l'ignorer, en vain, de la même ténacité absurde avec laquelle j'ignorerais une hache plantée dans mon dos.
Le temps passe, je désespère de le voir sortir de ma vie un jour.
Testamories était, en fin de compte, plutôt bien trouvé. Judicieux néologisme pour introduire des mémoires qui sonnent comme un testament.
Les deux ne peuvent pas coexister. L'un devra forcément s'effacer, disparaitre en poussière et se faire souffler par le vent comme un mauvais souvenir par le temps.
L'un devra mourir, et je commence à ne plus savoir lequel
.



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# Posté le mardi 15 juillet 2008 12:12

L'art d'écrire

L'art d'écrire
Hank : Tu le peins, tu le dessines, tu l'écris... Les gens le lisent et ils le revivent. C'est ton seul contact avec eux. Re-écrire, c'est mentir, trahir ta propre pensée. Or, repenser... Le flot, le rythme, le jaillissement des mots, c'est trahir. Et ça c'est un péché, Martin. Un péché !


Martin : Je n'accepte pas cette interprétation catholique de mon besoin compulsif de re-écrire chaque mot au moins cent fois. La clé, c'est la culpabilité, pas le péché ! Coupable de ne pas écrire mieux, de ne pas étudier chaque donnée sous tous les angles et tout mettre en balance.


Hank : Et la culpabilité de censurer ta pensée ? Tes pensées primordiales les plus honnêtes ! C'est ce que tu fais en t'escrimant à re-écrire.


Martin (s'adressant à William, silencieux depuis le début de la conversation) : Re-écrire, c'est censurer, William ? Si oui, alors je suis foutu.


William : Faut exterminer toute pensée rationnelle, voilà ma conclusion.



David Cronenberg, Le Festin Nu (1992)



En admettant que vous en ayez quelque chose à foutre, qu'en pensez-vous ?




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# Posté le lundi 14 juillet 2008 12:05
Modifié le lundi 14 juillet 2008 12:17

De soie et de velours sont faits les fantomes. 12/07/08

De soie et de velours sont faits les fantomes.   12/07/08
Il pèse sur mes épaules tel une épaisse cape de plomb, susurre à mes oreilles les plus vils mensonges, donnant à tous mes gestes et pensées un reflet pervers, et s'infiltrant jusque dans mes songes.
Je pense qu'elle m'aime, il me souffle qu'elle se moque. J'ose espérer qu'elle ne m'oubliera pas, il me chuchote, hilare, qu'elle est déjà dans d'autres bras.

La lumière ne met pas en valeur, elle éblouit et aveugle, masque mensonges et frayeurs.
Celui qui, érigé sur un piédestal, semble baigné d'une lumière divine, traine en fait derrière lui une ombre colossale.


Mais mon cerveau est un musée de cire, peuplé d'automates irréels au regard vitreux. Ils sont mes souvenirs, figés dans le temps comme des peintures rupestres, qui s'animent parfois, spasmodiquement, soufflant dans l'air une brise de démence qui se propage dans chaque recoin de mon être, avant d'éclater dans ma tête comme un bouton d'acné, tapissant de pue les parois de mon crâne. Le pue se change en soie et en satin, rideaux et guirlandes rouge vives décorant mon esprit, devenu le théâtre délabré des manifestations orgiaques les plus impurs qui soient.

L'arrière -pensée est la scène où jouent les acteurs de nos intentions.

Sur des tapis de velours pourpre, les pantins roulent les uns sur les autres, s'étreignant de leurs longs membres désarticulés. Ils se frottent mutuellement dans de sinistres grincements, gémissent de plaisirs en crachant de l'ébène. Leurs danses frénétiques s'accélèrent tandis que mon sang se tarit comme la vessie d'un petit africain en proie au choléra. Mes poumons s'atrophient, se replient sur eux-mêmes enfermant pour toujours dans ma poitrine un gaz nauséabond qui, se propageant du c½ur au bout des orteils, gonfle ma silhouette d'innombrables ½dèmes.

Retour d'une vieille peur lancinante, faite de démons et d'angoisses latentes. Irraisonnée, sourde au son de la sagesse, assaisonnée de craintes ancestrales et saupoudrée de détresse.

De la foule galvanisée de mes souvenirs oubliés jaillissent des orgasmes d'approbation : on vient de noyer le poisson, mais il brasse encore l'air de ses ailes encroutées par le vice.
Il ne mourra jamais, tant qu'il haïra la vie.

Ne flirtez pas avec le Diable si vous n'avez pas l'intention de le laisser vous entrainer au lit avec lui
.




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# Posté le samedi 12 juillet 2008 15:36
Modifié le samedi 12 juillet 2008 15:54

Une petite imitation

Une petite imitation
Le Dr. Benway (je voulais écrire ce nom) m'a prescrit des petites pilules roses pâles, que je dois préalablement tremper dans une étrange poudre noire avant de me les enfiler dans l'anus...
" Pour vos maux de têtes ! Qu'il disait. Ca fait des miracles ! "

Vous trouvez ça bizarre ? Moi aussi !... Mais au fond, tout me semble étrange à moi... Tout et tout le monde.

Toujours est-il que, non seulement mes douleurs au crâne persistent, mais j'ai en plus maintenant l'impression d'avoir des lames de scalpels dans le rectum et ma surface ano-cutanée tapissée par des restes nauséabonds de suppositoires mal fondus et ayant durcit en une croute fushia, cette dernière m'obstruant complètement le trou du cul.
Bref, le trou de la sécu quant à lui n'est pas près d'être bouché, vu le prix que m'ont couté ces cochonneries...

Jill R. Carlson
01/03/53





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# Posté le mercredi 02 juillet 2008 16:46
Modifié le lundi 14 juillet 2008 12:19